29 octobre 2014

J.70 - Something Fishy

C'est bizarre. 
Il y a quelque chose qui cloche.. Vous ne trouvez pas ?
fashion photography, portrait, classy casual outfit of the day in a retro shop
Un truc étrange, insolite. J'sais pas. Une impression. 
Trop calme. Trop vide. 
Il n'y a.. rien.
casual outfit with white shirt, boyfriend jeans, brown cardigan
Personne pour perturber, aucun chieur à l'horizon..
Inhabituel.
..Rien ? Pas possible. 
Details of the outfit, jewerly, single earring, deer necklace
C'est forcément une combine, une machination..
Ya l'anguille qui va surgir de dessous son caillou pour tout exploser.. faut être lucide. 
Imaginez.. la paix, tout ça, ça serait trop beau.. 

Non. C'est pas crédible. 
fashion blogger, classy, vintage look
Pas moyen.. c'est trop fort pour des petits soupçons.
Un piège. C'est sur. Limpide.
Qui, comment, pourquoi ? Aucune idée, mais.. 

Ouais. Non. Ils m'auront pas. 
Ce piège, ces artifices.. Ce paradis, là ? Ils me feront pas croire à cette fiction.
Rester calme. Les attendre, ici, de pied ferme.
Faire semblant. Faire comme si, jouer son rôle d'empoté. 
photography of the fashion blogger das sheep, outfit including theyskens theory 's boyfriend jeans, a white shirt, oxford shoes
Patienter. Des heures, des années, pas grave, faut bien qu'ils en sortent un jour du caillou.
Inverser le rapport prédateur à proie, guetter, dégainer,
Patienter... Et puis.., enfin.. et.. 
Bang
Plumés.


OUTFIT :
Shirt : Vintage
Cardigan : 123
Jeans : theyskens' theory
Necklace : Aliexpress.com
Earring : Promod (old)

Place : 
Degrif' Mode 
59 rue du Loup
33 000, Bordeaux



Photos : Knas



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20 octobre 2014

J.69 - Lost in thought

 Dis, tu crois qu'on se retrouvera un jour, tous les deux ?
Tu crois qu'un jour, comme là, là, dans cette rue, par la fenêtre, je te verrai, je t'apercevrai,
Et puis, et puis.. Je ne sais pas. 
Je suis sensible, un peu trop même.. Tu me connais. 
Je ne saurai pas trop comment réagir. Je pleurerai d'abord, sans doute, de joie, de soulagement, de l'arrachement de cette peine si coutumière qu'elle en était devenue rassurante, d'un peu de tout, de beaucoup pour rien. Et puis..


Et après ? Tu ne devines pas ? 
C'est pourtant évident.
Je sortirai, peu importe les larmes que je n'aurai pas le temps d'essuyer, je me jetterai dans tes bras, et ce sera fait : je ne te relâcherai plus jamais, et ça, tu sais comment je suis, je m'y tiendrai."

      Un fragment de conversation, pêché, très, trop profond pour ne recueillir plus d'une minuscule portion de l'immense intégralité, au creux des pensées de la jeune créature.
photography, das sheep, retro outfit, russian scarf, parisian building in the background        Un discours silencieux, sans destinataire, ou, rectifions, car il y en a un, mais celui ci est absent, et parce que la télépathie n'a toujours pas été démontrée comme existante, toute réponse de sa part pourrait ainsi être prise comme hallucination auditive, comme signe de démence, comme un début de fin, comme quelque chose qu'il vaut mieux ne pas espérer. 
En bref ? Un monologue, comme une prévision, un fantasme confus de conciliabule entre une fillette et son amant.

"T'y crois toi, qu'on sera réunis, que "Nous deux", bin ça deviendra un mot singulier;  puis le singulier, c'est bien connu, ça peut pas être séparé, et dis, tu peux m'affirmer pour sur qu'on se retrouvera ?
Certain ? Parce que moi, moi je.. Mais si tu n'es pas là ? Et si je reste ici, je t'attend, mais tu ne viens pas ? Et si je te cherche, ici, partout, sur Terre, au ciel mais que je ne trouve rien qui soit Toi ?
Et si tu m'oublies ? Et si tu m'as déjà oublié, si je ne suis plus qu'un reflet flou du passé, si tu ne sais plus qui je suis, et si tu n'arrives même plus à te représenter mon visage, le visage de celle qui t'aime, qui est folle de toi, le visage de celle qui t'attend, de celle qui fait de son mieux pour ne pas changer, pour que tu puisses la reconnaître, dans dix minutes, dix jours ou dix ans..  J'ai peur.. J'ai tellement peur, tu ne t'imagines même pas.
photography, details of the outfit, russian shawl, wood necklace
Pourquoi es-tu parti ? Pourquoi m'avoir abandonné dis moi, pourquoi ?"

Pour pouvoir réellement comprendre cette situation dans son contexte, une réponse du principal concerné aurait été la bienvenue. 
Or, celui était absent.
     
      Ainsi, pendant que cette tempête d'hystérie grondait pour la fillette désespérée, confortablement installé dans le bistro du coin, l'homme qui l'avait laissée à peine une heure auparavant, le pauvre; il n'avait aucune idée du drame qu'il avait provoqué; dégustait sa bière, et ne pensait à rien, tout simplement.

Photos : Knas



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12 octobre 2014

J.68 - Raindrops

Portrait de la blogueuse mode das sheep, noir et blanc
 "Elle n'est pas bien méchante vous savez... Juste un peu timide. Renfermée.
Le social, c'est tout sauf sa tasse de thé. Pour vous dire, ça l'a jamais été.




Elle aime bien rester seule vous savez.. Rêver... Contempler des réalités qui n'ont jamais existé. 
Je la surprend, bien souvent :
Elle est immobile.. elle observe.., des objets anodins.., ou le ciel, ou le vide.., ou tout à la fois.
Elle est comme passionnée.., c'est adorable.. Non. 
C'est terrifiant.
photographie, tenue entière de la blogueuse mode das sheep, k-way petit bateau, robe à carreaux

Elle est peut-être malade, mais bon.., elle a toujours été comme ça.., alors bon..., vous voyez, nous, on s'y est habitué..

Comment ça se fait ? ..Je saurai pas trop comment l'expliquer. Moi.. je crois que son esprit, son bon sens, sa conscience, sa lucidité,.. ils se sont égarés. Ils se sont séparés, à un moment.. à sa naissance sans doute.. une dispute, un conflit.. il y en a partout de nos jours des conflits, alors pourquoi pas ? ..Et, ils s'en sont allées.. ils ont laissé son corps abandonné, ..et, ils sont partis. Et c'était fini.
photographie, noir et blanc, blogueuse mode das sheep, outfit entier, ciré petit bateau, robe asos à carreaux, derbies, nœud dans les cheveux
Après, quoi, où ils ont bien pu se fourrer.. ces cons.., ça j'en ai aucune idée.
Certes.., c'est qu'une hypothèse, c'est du vent, c'est rien, mais quand même.., regardez ça, ..y a aucun lieu de le nier ! Elle existe.., elle est là, ici, avec nous, mais.. elle n'y vit, elle n'y voit pas. 
Son fort intérieur, au dessus, au dessous, ou très loin, on s'en fiche, il est ailleurs.

Alors, vous rongez pas les sangs.. c'est pas qu'elle vous supporte pas la petite bête.., c'est normal si elle reste muette.. C'est triste, c'est tragique, certes.., mais moi, je pense que pas tant que ça.
Moi, je pense que, elle murmure, qu'elle parle, qu'elle s'exprime, qu'elle crie, non, pas un cri.. ni un hurlement.., mais un chant.
Voilà.. un chant.. Moi vous savez, je pense qu'elle chante de là où elle est.. 
Je pense que, même divisée, au dessus, en dessous.. peu importe, ailleurs.. qu'elle chante; qu'elle est heureuse.
photographie, détails de la tenue, richelieues noires, chaussettes grises, robe à carreaux, ciré petit bateau, sac à dos noir
Et à partir de là, c'est n'est plus si grave si on ne l'entend pas."

OUTFIT :
Rain coat : Petit Bateau
Dress : ASOS (vintage)
Leather skirt : American Apparel
Shoes : André
Bag : Hexagona
Headbow : Vintage (Emmaüs)
Photos : Knas



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5 octobre 2014

J.67 - Silent Hopes

"J'en ai assez. 
J'abandonne. 
Laissez-moi. 
Je n'en veux plus. Je n'en peux plus."

Vous n'imaginez pas le rêve que ce serait pour moi de prononcer cette petite suite de propositions.
Une tentation, incroyablement puissante, un cri, un hurlement de sincérité fracassant les parois d'un cœur à coups de bélier pour s'en évader,
Imaginez-vous. 
S'affranchir. D'un coup. 
Bam. 
Fini les rêves factices, les projets d'avenir ambitieux, ennuyeux, les plans issus d'un endoctrinement général et constant. les contraintes, les efforts à fournir, tous ces froufrous dont il faut s'affubler, que ce soit pour plaire ou pour satisfaire tous ces gens dont vous vous contrefichez.

D'un coup. 
Bam.
"Je suis libre. 
Libre. 
Libre de m'enfuir, libre de m'en aller, partir, dégager et vite, libre d'aller vivre en Alaska au Japon ou en Corée. Libre d'être seule, de savourer ma solitude, de contredire le con qui a dit que l'humain devait vivre en communauté. Libre d'arrêter de gâcher mes années, de rattraper tout ce temps perdu, ou du moins d'essayer. Libre d'exister, oui d'exister et de vivre, enfin et pour de bon.
Je suis lâche ? Eh bien tant pis. Je suis libre, et ça suffit."

Un sanglot, un espoir fragile, peut-être ma dernière réelle liberté.
Je ne sais pas. 
Peut-être un jour, vous pourrez lire son ébauche dans mon regard, si ce jour, vous le soutenez assez longtemps pour le percer. 
Pour autant, vous ne l'entendrez, vous ne le percevrez jamais assez pour vous en emparer. 
Vous savez quoi ? 
Il est bien trop précieux que vous me le détruisiez.

OUTFIT :
Jacket : Romwe (here)
Shirt : Pablo
Pants : Zara
Shoes : André
Bag : Salamander



Photos : Knas



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